CHARTE de la Coopérative Écologique et Sociale de Quimper et son agglomératrion

Le cadre politique

Considérons d’abord que nous venons d’horizon différents, avec des représentations et des connaissances particulières de notre territoire et qu’aucun d’entre nous n’imagine que le « citoyennisme » est la promesse d’une fusion abolissant miraculeusement les contradictions.
Nous savons cependant que beaucoup de partis politiques sont traversés par des dissensions internes ou externe, parfois féroces… Alors sachant avoir déjà assez à faire pour dépasser les nôtres dans l’élaboration d’un projet concret pour QBO, l’intercommunalité, il nous a paru nécessaire de ne pas les importer dans notre groupe de citoyens.

Ainsi, dans un contexte d’urgence climatique, d’effondrement de la biodiversité, ‘épuisement » des ressources naturelles, d’inégalités sociales grandissantes, de faillite démocratique et de montée inquiétante de l’extrême droite, nous assumons la responsabilité de réussir la convergence d’un large éventail de forces de gauche opposées au néo-libéralisme, et préoccupées par le dérèglement climatique, que beaucoup de nos concitoyens attendent.

D’autre part, aujourd’hui, bon nombre de compétences, jadis municipales, ont été déléguées à la communauté de communes. La gouvernance de l’Etablissement Public de Coopération Inter-communale est d’inspiration technocratique. Son organisation politique est un frein à la démocratie car ce cadre institutionnel est « géré » par des représentants issus de majorités diverses dont on ne peut pas imaginer les contours avant les élections. Se mettre dans les plis de cette organisation technocratique sera bien entendu nécessaire, mais ce ne sera pas une fin en soi…

Notre ambition est bien plus large, elle dépasse la simple gestion écologique d’un territoire. Elle consistera à promouvoir un cadre de pensée écologique et social, associant le local et le global comme un tout indissociable, seule manière de rendre crédible notre programme auprès de citoyens désabusés.

Nous serons toujours ancrés dans le mouvement social pour ne pas perdre la boussole et garder notre force politique intacte.
Dès lors, le collectif de citoyens que nous allons constituer devra viser simultanément à :

– Gouverner la ville en utilisant tous les moyens utiles pour augmenter sa résilience et protéger les « communs ». La préparer aux évolutions de tous ordres (économiques, climatiques, sociales…) que nous allons connaître pour nous-mêmes et les générations futures.

– Réduire l’empreinte écologique en prenant toute notre part dans la lutte contre le dérèglement climatique et la préservation de la biodiversité.

– Renforcer l’action sociale de la ville et de l’agglomération pour réduire les inégalités et offrir des conditions de vie décentes à toutes et à tous

– Promouvoir la diversité culturelle et linguistique.

– Nos élus devront signer la charte anticor.2

– Mobiliser le plus grand nombre d’acteurs pour redonner confiance à chacun. Repenser la participation des habitant-e-s dans une réelle démocratie locale, ressourcée, transparente et éthique.

– Continuer à porter une parole politique forte, collective, pour passer d’une bascule locale à un changement global. Rester actif dans le mouvement citoyen et la société civile, rejoindre le cercle des villes en transition et celui des villes rebelles pour partager les expériences.

Manifeste pour une transition écologique et citoyenne pour Kemper et l’agglomération

Kemper et QBO doivent s’inscrire dans le mouvement international des villes en transition écologique et citoyenne. Cette responsabilité nous incombe. Globalement, nous sommes la dernière génération à pouvoir contribuer au ralentissement du réchauffement climatique.
Un tel changement ne repose pas sur les seules forces des individus, érigés en héros du quotidien. Elle dépend de la mobilisation collective à tous les niveaux. L’action politique est déterminante et nécessaire pour permettre la transition des modes de vie.

– Qui peut se mettre au vélo sans aménagements suffisants dans la ville ?

– Qui peut prendre les transports en commun s’ils ne sont pas assez accessibles, sécurisés ou réguliers ?

– Qui peut s’alimenter en local et en bio s’il n’y a pas de filières adaptées et accessibles à tous ?

– Qui peut réduire sa consommation d’énergie fossile ou nucléaire, sans soutien à la sobriété, sans aide à l’efficacité énergétique, sans développement des énergies renouvelables ?

La mutation de Kemper et de son agglomération est une histoire collective à construire pour rendre notre ville plus attractive pour toutes et tous. L’écologie municipale défend le pouvoir d’agir et de bien vivre à Kemper, pour chacun-e. Respirer dans un environnement sain, bien s’alimenter, vivre dans des logements décents et moins énergivores, profiter des mobilités douces, de la nature en ville, des expériences collectives avec les autres habitant-e-s. C’est retisser ces liens sociaux qui ont été fragilisés par nos modes de vie modernes. C’est garantir la place de la culture dans la Cité, comme le terreau intime et collectif de notre Fraternité. C’est ici, dans la capitale de le Cornouaille, mener une ambitieuse politique linguistique en faveur de la langue bretonne. C’est porter les valeurs d’une économie raisonnée, innovante et solidaire, mieux intégrée avec l’habitat, qui ne vide pas les coeurs de ville et les quartiers. C’est soutenir les emplois de la transition, non délocalisables !
Ces transitions sont à l’œuvre dans de multiple villes, petites et grandes, de Grande-Synthe à Paris ou de Grenoble à Strasbourg. Nous avons la responsabilité de faire en sorte que l’écologie irrigue et encadre désormais toutes les politiques publiques. C’est aussi comprendre qu’il n’y a d’écologie que solidaire. Elle va de pair avec le soutien des plus modestes et vulnérables, avec le juste partage de l’effort collectif, avec la lutte contre l’exclusion, la pauvreté, les discriminations et les inégalités.

Alors que certains jouent sur la haine et la xénophobie, nous ne pouvons ignorer aujourd’hui celles et ceux qui fuient pour survivre. Notre humanité et notre fraternité doivent être l’essence même de notre société. C’est enfin repenser la participation des habitant-e-s dans une réelle démocratie locale ressourcée, transparente et éthique…
Écologie, solidarité et démocratie sont donc les trois piliers indissociables de notre projet d’écologie municipale.
Nous lançons cet appel à toutes les personnes désireuses de s’investir dans ce projet. Agissons ensemble, ici et maintenant !

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